BooKs

Publié le par reg

 

"Bruyante techno - réflexion sur le son de la free party " a été écrit par Emmanuel Grynszpan, musicologue, de l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Membre de Technoplus, il est également auteur de "La musique industrielle, esthétique de la cruauté et ambiguïté idéologique".

Etude qui retrace les grandes dates qui ont marqué l’histoire de ce mouvement.
L’auteur fait également le point sur les motivations des précurseurs, sur l’état de répression qui        s’abat sur les technos travellers et sur la radicalisation du mouvement.
Un ouvrage de référence qui fait d’ores et déjà date dans le paysage français.

 


 

No System fut le premier recueil iconographique sur l'univers free.
Vinca Petersen a pris la route au côté des Total Resistance, une tribu de travellers anglais.
Auprès d'eux, elle vit leur indéfectible passion pour la version dure de la techno (hard/acidcore).
Des squats européens (Osmanoro en compagie des Spirale Tribe et des O.Q.P.) au mythique voyage     à Goa pour retrouver les Sound Conspiracy, ses photos nous plongent dans un univers underground, libre et contestataire.
Ainsi, on comprend mieux la signification du célèbre :"Let us make some fucking noise !".
Epuisé pendant un temps, il semblerait que Steidl se soit décidé à le rééditer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

C'est une virée sur la route à laquelle nous convie T. Colombié, reporter (Géo) et W. Estève, photographe (Libération).
Leur idée : suivre les Sound Conspiracy (Total Resistance + Facom Unit + O.Q.P.) dans leur mythique voyage vers Goa (Inde).

Du célèbre Centre Autonome d'Expérimentation Sociale de Ris Orangis où W. Estève fait connaissance avec les United Forces Of et son leader Allan, en passant par la frontière Iranienne où il est convenu qu'ils retrouvent les Sound Conspiracy, ce périple haut en couleurs n'est pas exempt de galères (tracasseries administratives, pirates de la route etc.) mais bonne humeur et patience sont les deux principales armes des travellers.

Les deux auteurs développent une vision assez proche de cet univers qui fait tantôt rêver, tantôt fantasmer tant de ravers européens.
Cependant, le texte laisse entrevoir que "la route" se mérite et n'est pas à la portée de tous car elle oblige parfois à évoluer en marge de la légalité...

Après nous avoir gratifié d'un livre, comment dire, sans surprise et quelque peu racoleur (cf. Drogues et techno, Thierry Colombié et Nacer Lalam, Stock), T. Colombié passe-t-il son rattrapage électroniquement correct !?

 

 


 

 

Etienne Racine, ethnologue et d.j., a travaillé au sein de la "Mission Rave" de Médecins Du Monde.
Son travail, fondé sur une observation sur le terrain (night-clubs ; raves parties et free parties), éclaire d'une lumière nouvelle ce mouvement musical.
Cet essai se présente en deux parties. La première s’attache à décomposer "le temps de la fête" et présente la techno comme "phénomène" tandis que la seconde analyse sa perception et son influence, entre autre, sur l’individu par le biais d’enquêtes auprès d’amateurs de musiques électroniques.
Ainsi, l'auteur se fait l'écho du travail de réduction des risques liés à l'usage de produits psychotropes initié par M.D.M., et rejoint par d'autres associations (Keep Smiling ; Spiritek ; le Tipi ; Techno +).
Travail de recherche intéressant pour tous ceux qui voudraient comprendre ce "phénomène techno", il est abordable et sa lecture rendue plus agréable par des photographies

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

Cet essai, dénué de toute complaisance, est une thèse sur les modes d'engagement et les pratiques sociales dans la free party.
La zone d'observation étant le grand Ouest.
Sandy Queudrus est sociologue et familière des free partie depuis sept ans.

Elle nous propose dans un premier temps, de s'intéresser à l'identification sociale des participants, partant de ce qui les lie pour tendre vers ce qui les différencie.
L'auteur élabore un répertoire des rôles ("opposition" habitués/touristes, implication de la gente féminine etc.) et présente l'immuable vision des "travellers" comme modèle de référence des teufeurs, ce qui nous donne l'occasion de lire ce passage savoureux : « On remarque actuellement au sein du groupe des habitués, un engouement prononcé pour le chien et le camion…Cela donne une dimension assez burlesque à la fête, où tout un chacun se promène crânement avec son animal à poil. »

D'autre part, l'auteur dresse un tableau des rapports à soi : le look, la

place de la danse : « Les danseurs désinhibés –…– se laissent emportés dans ce flux sonore où le corps se morcelle et se rassemble au son d'une musique binaire au pouvoir diffractant. »
Elle développe l'idée d'un corps devenu "outil" : « Valet au service du plaisir et de l'ivresse. » et "marqueur social" qui « échappe au contrôle social. »

Enfin, l'auteur délimite la dimension spatio-temporelle de la fête en la présentant de façon chronologique, évoque la relation à l'espace dans le cadre de la recherche du lieu adéquat par les organisateurs et du temps de la fête par les teufeurs, marqué du sceau de l'excès.
Sandy Queudrus s'interroge sur l'attitude du pouvoir, celui-ci appliquant une politique orientée : « autour de deux axes : d'un côté la répression et l'interdiction, de l'autre le contrôle et le réajustement social. »

En conclusion, elle insiste sur le fait que les acteurs, catégorisés déviants, ont su : « mobilisés des compétences pour produire de nouveaux métiers et activités rémunératrices – liés à l’univers du possible – dans un cadre social spécifique. »
« La fête révèle l’ingéniosité et la force des agents à rebondir et s’adapter face à une forme d’exclusion socio-économique – souvent synonyme d’arrêt de vie – car ils transforment un espace festif en diversion professionnel. »

 



 

Altered state - The Story of Ecstasy Culture and Acid House - m'apparaît comme LE livre indispensable pour la bonne compréhension de l'influence de l'acid house et de son corollaire, l'ecstasy, en Grande Bretagne.
L'arrivée de la musique répétitive a eu une influence particulière sur la société britannique.
A l'heure où le rock ne séduit plus que les tabloïds, l'acid house fédére une jeunesse britannique qui supporte mal l'individualisme forcené des années Thatcher.
De la scène club (l'Hacienda de "Madchester") à la scène free (le périphérique M25 autour de Londres), tous les acteurs (live act; d.j.; sound system) sont ici présentés.
Mais là où Mark Collins aurait pu seulement se contenter de résumer cette période, il nous plonge dans l'esprit qui régnait à l'époque par le biais de commentaires ou d'anecdotes de personnalités du "milieu".
Ceci confère au récit son intéret premier : l'évocation d'une période utopique et pleine de promesses où les barrières s'éffondraient les unes après les autres.
On comprend mieux ainsi pourquoi le gouvernement britannique n'a pas attendu longtemps avant de prendre la mesure de ce qui se passait et faire voter le projet de loi tristement connu sous le nom de "Criminal Justice Act".
Celui-ci poussa de nombreux acteurs de la scène "free" (Spiral Tribe) a émigrer vers la France, l'Europe et à travers le monde (Sound Conspiracy), créant une toile sonique sur la planète.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

BASS CULTURE

À l'égal de Steve Barrow & Peter Dalton, auteurs de The Rough Guide to Reggae, Lloyd Bradley a établi la généalogie et l'évolution de la Bass Culture. Publié il y a 5 ans en Angleterre, son livre vient enfin d'être traduit en français par les Éditions Allia. C'est un travail archéologique qui nous retrace la pré-histoire et de devenir du reggae qui donnera naissance ensuite, comme chacun sait, au dub, au ragga et la jungle… Mais c'est par rapport aux codes et rituels techno que les signes distinctifs de la bass-music présentent des similitudes troublantes. Les adeptes le savent, le reggae-dub est la mère de toutes les batailles : quarante ans (!) avant l'équipée sauvage des Spiral Tribe, tout annonce le phénomène des raves : la constitution de sound-sytems hérissés de murs d'enceintes qui, pour certains, sillonnent la Jamaïque avec leurs hordes de fans… Le début du phénomène dancefloor et des marathons de danse jusqu'au petit matin blême. Le pressage de dub-plates. Le maquillage des disques ou la course à ce que l'on n'appelle pas encore des white-labels… L'élaboration d'un son spécifique et la constitution d'un courant musical où le tempo se fait linéaire et hypnotique. Les dreads, pas toujours au contrôle… La violence et la dope, aussi. La guerre avec police, bien sûr… L'émergence de nouveaux acteurs : le selector, l'operator puis le DJ… La place prépondérante de l'ingénieur du son, ensuite. Puis l'omniprésence des machines (table de mixage, racks d'effet, etc.) et les balbutiements de l'électronique. Mais revenons à nos moutons noirs… Lloyd Bradley montre, au fil d'entretiens et de souvenirs avec des figures mythiques (Prince Buster, Lee Perry, Denis Bovell, Bunny Lee, etc.), les vagues successives qui, de styles musicaux en producteurs, amenèrent le reggae à son âge d'or puis à son exil en Angleterre où il connut un nouvel essor à la faveur d'un nouveau public… C'est titanesque et irréprochable. C'est à peine si l'on regrette qu'il n'ait pas mieux souligné la spécificité de la dub-poetry qui prenait grâce à LKJ le contrepied du mysticisme sectaire et fataliste des rastas en énonçant quelques vérités matérialistes ("Reality poem")…
Llyod Bradley, Bass Culture : quand le reggae était roi (Editions Allia)

 

 

 

Publié dans kerOzenSouND

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sellig 21/06/2007 19:49

Tu te l'ai quand même pas mal pétée avec ton blog ! Néanmoins je le trouve relativement bien fait ! De quoi passer un agréable moment même si je déplore que les Kéros n'organisent plus de free party. Impossible d'accéder à la page des téléchargements, à revoir (ou alors je n'ai pas trouvé la fente pour mettre une pièce de 2 € ?!) Avec un mur de son pareil, faut tout faire péter ! Vous allez finir par avoir de l'humidité dans les pots des cams...

ZUB 02/12/2006 14:59

hola. pti com.
a bientot sur le tekos
je me trouve ver nawaks ou trakass ou subsonic / sulfurik
en general
a plouche

minimoi 03/02/2006 16:40

salut,

à lire? ce sont des bouquins?
pour quel genre de lecteur?

reg 03/02/2006 17:42

Oui,des bouquins qui traitent le mouvement "tekno" avec beaucoup plus d'objectivité que certaines parutions en regle général.
"TECKNOMADE" un tres beau livre avec beaucoup de photo sur le voyage d'une tribe,a travers differents pays.Le but avant toute chose est de se faire plaisir.....La musik ...ouvre des portes...rendre les gents plus heureux,leur faire connaitre les differences.........
Pour tout lecteur , néophyte ou pas,une nouvelle façon de voyager...........
Merci a toi a bientot , j'espere